Oaxaca

Jeudi 2 novembre 2006

Petit rappel chronologique des faits.

 

22 mai : 70 000 instituteurs d'Oaxaca se mettent en grève. Le centre de la capitale est occupé. 20 000 grévistes et leurs familles campent autour de la place principale.

14 juin : 2 000 policiers attaquent à l'aube le campement. Trois heures plus tard, les instits, soutenus par la population, reprennent le contrôle de la ville.

2, 7, 16 juin : Des « mégamarches » rassemblent jusqu'à 800 000 manifestants.

 

17 juin : Création de l'Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca (APPO), qui exige la destitution du gouverneur et intensifie les blocages.

Fin juin : Les occupations de mairies se multiplient, suivies de l'expulsion des maires et de l'élection de conseils. On ferme les administrations et on réquisitionne les véhicules officiels.

 

2 juillet : Élection présidentielle. Le PRI est balayé dans les urnes. Il monnaie son soutien au candidat de droite. Le candidat de gauche, qui était favori, dénonce une fraude et mobilise ses partisans.

17 juillet : Blocus des hôtels et complexes touristiques. La Guelaguetza, fête indigène devenue foire commerciale, est annulée. Une Guelaguetza alternative sera célébrée avec succès. Le ministre du tourisme parle de catastrophe « comparable à l'ouragan Wilma ».

23 juillet : Manifestation contre le mitraillage de Radio Universidad. Six paysans sont placés en garde à vue. Après les avoir libérés, la foule saccage le commissariat et danse dans la rue.

 

27 juillet : L'APPO demande au Sénat de destituer le gouverneur, qui affirme qu'« Oaxaca est en paix ».

1er août : Une manifestation de femmes armées de casseroles occupe la radio-télévision officielle.

3 août : Des hommes masqués tirent à la kalachnikov sur les locaux de la télé occupée.

 

9 août : Meurtre de trois Indiens de l'APPO. Arrestation de deux leaders de l'APPO, accusés de rébellion. Trois instits sont enlevés par des inconnus et torturés dans un commissariat.

10 août : Manifestation réclamant la libération des trois instits. Des barbouzes ouvrent le feu : un mort. Un site Internet appelle au meurtre des figures de l'APPO.

16 août : Les organisations patronales supplient le président Fox d'intervenir, parlant de « dégâts économiques à effet domino ».

 

17 août : Grève civique des syndicats de la santé, des télécommunications, de l'université et des services municipaux. Tentative d'arrestation d'un leader de l'APPO : les policiers sont giflés, désarmés puis livrés aux autorités.

21 août : Des paramilitaires expulsent les occupants de la télé officielle. Dans les heures qui suivent, l'APPO investit douze radios commerciales.

 

22 août : Un « convoi de la mort » parcourt les rues et tire sur les radios occupées : deux morts. Des dizaines de barricades se dressent pour empêcher les tueurs de circuler.

23 août : La procureur général accuse l'APPO d'être un mouvement de guérilla urbaine.

25 août : De mystérieux guérilleros distribuent des tracts soutenant l'APPO, la mobilisation anti-fraude et l'EZLN? Effet immédiat : l'armée patrouille la zone et intimide les assemblées de l'APPO.

 

30 août : Le quotidien La Jornada révèle que 1 200 hommes de main s'entraînent dans deux casernes du centre du pays en vue d'intervenir contre les mouvements d'insurrection civile.

1er septembre : Mégamanifestation. L'APPO réclame un soutien plus actif des zapatistes.

4 septembre : Échec du déménagement de l'administration Ruiz à Juchitán. Sous la pression de la rue, le maire de la localité déclare le gouverneur persona non grata. À Oaxaca, l'APPO lance un manifeste où Ruiz est « proscrit » et publie des bans placardés dans tout l'État.

 

27 octobre: Brad Will, journaliste indépendant pour le réseau Indymedia New York est tué à Oaxaca, au Mexique. Il a reçu une balle dans la poitrine alors qu'il enquêtait sur la milice paramilitaire qui réprime la révolte menée par l'Assemblée populaire du peuple d?Oaxaca (APPO).

29 octobre : La PFP (Police Fédérale Préventive) a pris dimanche le contrôle du centre d'Oaxaca, occupé par les instituteurs en grève et les militants de l'APPO, mais peine à étendre son emprise au reste de l'agglomération.

 

30 octobre: L'ONU demande aux autorités mexicaines d'ouvrir un enquête sur les circonstances des 15 morts de ces évènements. Manifestation calme de 15000 personnes.

31 octobrel'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une résolution demandant au gouverneur de reconsidérer son refus de démissionner et, à l'APPO de “quitter les installations officielles qu'elle contrôle, afin que revienne la paix et la tranquillité“.

 

1er novembre: Manifestation dans le calme de 8000 personnes à Oaxaca. Ils ont déposé aux abords du quartier général de la PFP, un cercueil au nom du gouverneur ainsi que des offrandes, à l'occasion de la célébration de la Toussaint, pour rendre hommage aux dix compagnons de lutte tués depuis le début du mouvement de protestation.

 

Désolée, c'est un peu long, mais je pense que c'est nécessaire pour tout comprendre.

Il manque un autre élément, le gouverneur dont tout le monde demande la démission est M.Ruiz, qui, depuis le début en 2004 de son mandat de six ans, a fait fermer un quotidien hostile. Il est également soupçonné d'avoir confondu les caisses de l'Etat avec son compte bancaire et de détournements de fonds au profit de la campagne du candidat du PRI à l'élection présidentielle. C'est lui, aussi, qui a envoyé la police anti-émeutes chasser les instituteurs en grève du centre de la ville. 

Il a, depuis le mois de juin, quitté Oaxaca et réside à Mexico mais refuse toujours de démissionner.

 

On a le droit de ne pas être du tout d'accord avec certaines idées zapatistes voire toutes, de ne pas adhérer à la forme armée de leur rebellion, etc... Mais là peut-on vraiment ne pas convenir qu'ils ont raison??

 

 

 

Par Claire
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Vendredi 3 novembre 2006

J'ai décidé de vous tenir au courant, régulièrement, des évènements qui se passent à Oaxaca.

 

Donc hier, 2 Novembre, les manifestants ont fait reculer la police fédérale après six heures d'affrontement à proximité de l'université d'Oaxaca.

En effet, quand les policiers ont commencé à démonter la dernière barricade, les affrontements ont commencé: gaz lacrimogène, canon à eau et pierres, appuyé par des hélicoptères contre cocktail molotov et pierres.

 

Cet affrontement a causé plusieurs centaines de blessés, des dizaines d'arrestations et de personnes portées “disparues“. Chiffres donnés par l'APPO, ceux donnés par l'AFP sont bien différents. On y parle pas d'arrestations, ni de disparitions et le nombre de blessés est moins lourd (moitié moins).  

 

L'APPO a laissé la PFP se replier sur l'aéroport, là où il y avait une partie de leur contingent, évitant ainsi une potentielle intervention de l'armée.

 

L'APPO a appelé également à réinstaller des barricades dans la ville, à l'organisation d'une “méga“ manifestation pour dimanche, au refus de tout acte de vandalisme et lancé un “Appel à l'offensive générale“, dont voici le texte :

“Devant la trahison de la Police Fédérale Préventive, annonçant son retrait tout en continuant à agresser et à arrêter le peuple d'Oaxaca, L'Assemblée Populaire appelle à L'Offensive Générale du Peuple contre l'envahisseur, au soulèvement Général du peuple, de tous les quartiers, colonies... jusqu'à l'expulsion de notre sol de l'envahisseur.“

L'APPO a des soutiens de partout (qui vont du PRD aux zapatistes jusque là peu présents) mettant l'Etat mexicain dans une situation plus que délicate.

 


Sinon, une autre nouvelle:

Le parquet de l'État d'Oaxaca a annoncé l'arrestation des auteurs du meurtre du journaliste américain Brad Will, lors des émeutes du 27 octobre qui ont provoqué l'intervention policière. Il s'agit d'un élu local du parti du gouverneur et de son garde du corps.

 

Aujourd'hui, que de l'info, pas de question. : )


 Petit lien: Indymedia

Par Claire
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Mardi 7 novembre 2006
Désolée, je n'ai pas le temps de vous faire un résumé de la situation au Mexique. Donc je vous donne deux trois liens pour vous tenir au courant si ça vous dit.

Bellaciao
EuroNews
Carnets de nuit
Par Claire
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Lundi 20 novembre 2006

Aujourd'hui a lieu une journée internationale pour soutenir le peuple d'Oaxaca.

(Petit rappel ici, si vous n'avez pas tout suivi.).

  

Des manifestations ont déjà eu lieu partout dans le pays: à Mexico même, dans l’État voisin du Chiapas (l’EZLN a organisé de nombreux barrages routiers en solidarité), dans l’État de Puebla, dans l’État du Michoacán (apparition d'une réplique locale de l’APPO : l’APPM qui, appuyée par la Coordination nationale des travailleurs de l’Education, annonce une grève illimitée dans plus de 10 000 écoles de l’État et le départ pour Oaxaca de trois mille enseignants en renfort pour l’APPO).

Mais aussi partout dans le monde: à Barcelone, Los Angeles, Vancouver, Marseille, des manifestations de soutien à la Commune d’Oaxaca ont déjà eu lieu. En Italie l’ambassade du Mexique a été occupée par des manifestants.

  

Aujourd'hui doit être un journée de coordination où des gens du monde entier manifestent pour l'arrêt de la répression à Oaxaca.

Tout d'abord, il y aura manifestation et grève générale à Oaxaca.

 

En France, si ça vous interesse, il y aura:

- A Lyon, départ d'une manif, place de la Comédie à 18h. Elle sera suivie à 19h30 d’une projection du film « Romper el cerco » sur la répression du mouvement social précédent au Mexique, à Atenco, et d’un débat au CUL.

- A Rouen, c'est 18h au théâtre des arts. Et après, réunion débat à 20h30 à la Maison des associations (22 rue Dumont d’Urville)

- A Paris, rassemblement sur la place de Beaubourg à 18h30.

- A Marseille, marche cré'active et rassemblement. Départ 17h30 métro Vieux Port puis direction le consulat du Mexique.

 

En Belgique: rendez-vous devant l'ambassade du Mexique à 17h à Bruxelles.

Il y aura sans doute des dizaines d'autres manifestations de part le monde (peut-être même des centaines) que je n'ai pas pu recenser ici.

 

La plupart des appels à manifester viennent de branches zapatistes mais ce n'est pas le cas de toutes. A Rouen, par exemple, l'appel a été lancé par la CGT Education, les syndicats SUD et France Amérique Latine, la LCR et Alternative Libertaire. Il y a des dizaines d'autres "mouvements" plus ou moins engagés qui appellent à la manifestation.

Ces manifestations ne sont pas des prises de position pour telle ou telle voie politique mais une protestation contre la répression plus que violente que subit le peuple d'Oaxaca.

Venez nombreux!!

 

PS: Si ça ne vous correspond pas, parlez en autour de vous que les informations réelles circulent.

Par Claire
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Mercredi 22 novembre 2006

Voilà, je vais essayer de vous donner un aperçu de ce qui s'est passé dans le monde hier, pour soutenir le peuple d'Oaxaca.

A Bruxelles, hier soir quelques personnes (moins d’une vingtaine selon les organisateurs, plus de cinquante selon les renseignements généraux) se sont rassemblées devant l'ambassade mexicaine. Quatre personnes ont été reçues par le chargé des affaires politiques et sociales. Compte-rendu complet.

A Bâle, des inconnus ont barbouillé de peinture orange la façade du consulat du Mexique à Bâle dans la nuit de lundi à mardi. Ils ont aussi écrit des slogans politiques de soutien au mouvement populaire d'Oaxaca, au sud du Mexique.

A Lyon, à 18 h, une cinquantaine de sympathisant-e-s se sont rassemblé-e-s face à la mairie: diffusion de tracts, de lettres de protestation à envoyer aux autorités, d'informations sur la situation des peuples de Oaxaca depuis six mois. Feux d'artifices, prises de parole...

D'autres infos ici.


Par Claire
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Lundi 27 novembre 2006

Petit message, juste pour rappeler que la situation à Oaxaca est de pire en pire. Si vous voulez en savoir plus, allez lire ici ou ici.

Radio Universitad (la radio "libre" qui n'a cessé d'émettre depuis le début des affrontements) a appelé à
bombarder de mails, de fax, de coup de téléphone, TOUTES les ambassades et consulats mexicains partout dans le monde, ainsi que tous les médias, TOUTES les Radios et la presse INTERNATIONALE.

Coordonnées en France, Belgique, Canada et Suisse.

Mail de l'ambassade du Mexique en France: embfrancia@sre.gob.mx

Par Claire
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Vendredi 1 décembre 2006
Et de trois!! (articles, bien sur) Mais je ne peux pas passé à côté de ce qui se passe au Mexique aujourd'hui.
 

Felipe Calderon a été investi président de la république du Mexique à minuit. Mais il lui reste à se faire investir par la Chambre des députés, ce qui paraît beaucoup plus difficile.
 

En effet,
élu le 2 juillet avec un mince avantage de 0,56 % des voix, il n'a pas réussi à faire reconnaitre sa légitimité par le PRD et son candidat AMLO.  Ce dernier s'est proclamé président légitime le 20 novembre. Et depuis deux jours, se déroulent au parlement mexicain une vraie "bagarre" entre les députés du PRD et ceux du PRI.



Depuis, ils campent littéralement au parlement: le PRD pour empêcher l'investiture de Calderon, et les autres pour "empêcher qu'ils l'empêchent".



Dans le même temps et à travers tout le pays doit se dérouler un mouvement national de protestation avec pour fond de toile l'insurrection de Oaxaca.

 

Alors y aura-t-il investiture?? L'avenir nous le dira...

Mais si elle n'a pas lieu, que va devenir le Mexique??
 

Il se passe plein de choses, allez voir .
Par Claire
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Vendredi 1 décembre 2006

Résumé du mois de Novembre à Oaxaca.

 

 

30 novembre:

Le gouvernement de Ruiz a annoncé qu'avec l'aide des paramilitaires, de la PFP et de la police municipale, ils traqueraient tous les étrangers qui prenaient part au mouvement. (il y aurait une centaine de noms). Une française, Sarah, aurait été arrêtée.
Ils encouragent à la délation par une propagande radio.

Il est impossible de quitter la ville, tous les véhicules sont fouillés et arrête toute personne suspecte: un simple drapeau cubain sur un t-shirt suffit pour arrêter quelqu'un.
Les rafles et les disparitions sont nombreuses, tout le monde vit reclus dans les maisons.

Radio universitad a cessé d'émettre.


Un Forum des peuples indigènes a eu lieu à Oaxaca dans des locaux de l'église de la Vierge des Pauvres.
Il a abouti à une déclaration répétant les exigences de démission du gouverneur, de retrait de la PFP, de présentation des disparus en vie, de libération des prisonniers, d'arrêt des violences policières.
Cette dernière dénonce également la terreur exercée par l'occupation policière de la ville et la criminalisation de la protestation sociale en guise de moyen pour faire échouer l'APPO.

 

 

 

29 novembre:

La barricade du carrefour Cinco Señores, dernière barricade d'Oaxaca, qui défendait notamment l'accés à l'université, est restée sans défenseurs durant la nuit du 28 au 29, de sorte qu'à 4 heures du matin des bulldozers sont arrivés, accompagnés d'une centaine de nettoyeurs et défendus par une vingtaine de camionnettes de policiers fortement armés. Ils ont complètement démembré la barricade et dégagé les dernières routes coupées.

 Les membres de l'APPO qui émettaient encore sur Radio Universitad ont préféré remettre la radio entre les mains de l'Université plutôt que de laisser la police s'en emparer par la force. La PFP occupe désormais toute la ville.

 Au Parlement mexicain, rien ne va plus. Les députés sont rassemblés par parti et en cours de discussion. Les députés du PRD ont décidé de ne pas bouger, déclarant que c'est leur candidat Andres Manuel Lopez Obrador qui a gagné les élections présidentielles de juillet. Ils se sont en conséquence engagés à bloquer la cérémonie d'investiture de Calderon, qui doit se tenir au Congrès, le 1er décembre.

 

27 novembre:

141 prisonniers extrêmement dangereux selon les autorités mexicaines sont transférés de la prison d'Oaxaca vers des prisons de haute sécurité. Ils sont accusés d'avoir  commis plusieurs crimes dont le sabotage de l'équipement de  communication fédéral.

 

 25 novembre:

Marche massive de 8 km depuis le sud de la capitale. Elle portait trois revendications : le départ du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, la libération des prisonniers politiques et le départ de la PFP. Le but était de créer un cercle durant quarante-huit heures entourant le lieu où se trouvaient les membres de la PFP. L’affrontement commença aux alentours de 17 heures lorsque la police voulut rompre le cordon l’entourant. Le but de la police est évident :  exacerber l’affrontement pour justifier une répression plus forte et plus ample. Ainsi, la PFP et la police de l’Etat passèrent à l’offensive avec des camionnettes, des engins blindés et ont poursuivi les manifestants dans les maisons, etc.

 Bilan: 140 blessés dont 20 blessés par balle, au moins cent arrestations et cinq morts.

 

 

 19 novembre:

Une manifestation de femmes a lieu pacifiquement pour dénoncer et faire cesser le harcèlement sexuel et les viols commis par les paramilitaires et la PFP lors des "arrestations". Elles se font "réprimés par la PFP à coup de matraque et de gaz lacrimogènes. Les canons à eau sont même dirigés contre elles.

 Et surtout création de l'Assemblée Populaire des Peuples du Mexique (APPM),  constituée de 19 assemblées populaires d'état et de 75 organisations sociales. L'APPM a appelé aux participants de "l'autre campagne" et du "Frente Amplio Progresista" (coalition de trois partis de centre gauche, le Parti de la Révolution Démocratique, le Parti du Travail et le Parti Convergence) a les rejoindre, afin d'unir leurs efforts dans la lutte contre le projet néolibéral de Felipe Calderon.

L'assemblée constitutive a accordé son soutien total au plan d'action de l'Assemblé Populaire des peuples de Oaxaca. Elle participera aux piquets devants 15 ambassades, à une méga marche qui aura lieu jusqu'à capital de Oaxaca et aux blocages de routes.

  

 

18 novembre:

Des étudiants sont toujours enlevés quotidiennement. 

 Création d'une "filiale" de l'APPO dans l'Etat du Michoacàn, qui, appuyée par la Coordination nationale des travailleurs de l’Education (CNTE), annonce une grève illimitée dans plus de 10 000 écoles de l’État et le départ pour Oaxaca de trois mille enseignants en renfort pour l’APPO.

 

 

15 novembre:

L'APPO annonce qu'elle empêchera le gouverneur de l'État, Ulises Ruiz, de rendre son deuxième rapport d'activités au Congrès (car synonyme de gouvernabilité).

 Les étudiants de l'Université autonome Benito Juarez d'Oaxaca refusent de reprendre les cours, ainsi que de démanteler les barricades qui entourent le campus.

 Dans une petite ville de l'État, des professeurs ont fait prisonniers six militants du PRI qui cherchaient à remplacer les professeurs de la section 22 du syndicat, toujours en grève.

 

 

 12-13 novembre:

Les délégués des sept régions de l'Etat d'Oaxaca et des différents secteurs de la société composant l'Assemblée formaient le corps du Congrès. 800 au début, un peu plus de mille sur la fin, ils avaient un carton orange et eux seuls avaient le droit de vote, puis venaient les invités munis d'un carton jaune (les invités avaient le droit à la parole, mais non au vote) et la presse, autre carton, qui a dû sortir dès le commencement des débats.

 Les minorités issues des colonies, des barricades et des communautés villageoises vont apportant un esprit nouveau ont fait face aux traditions de lutte des militants marxistes. Durant toute la durée du congrès, ces deux formes de pensée vont s'affronter, mais aussi s'écouter, pour finir par conclure une forme d'alliance, un pacte provisoire.

 Il y a eu trois tables de discussion:

 Table 1, analyse du contexte international, national et régional, à l'intérieur duquel se constitue l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca.

 Table 2, la crise des institutions : pour une réforme intégrale de l'Etat libre et souverain d'Oaxaca, pour un nouveau gouvernement, une nouvelle constituante et une nouvelle constitution.

 Table 3, l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca, perspectives, déclaration de principes, statuts et buts, plan d'action à court, moyen et long terme.

 

 

    Trois courants se sont entrechoqués, le courant "communautaire", celui "révolutionnaire" et celui du PRD. Ils ont fini par élire 260 membres pour deux ans. Le principe de "pas moins de 30% de femmes" ayant été validé.

 

 

 12 novembre:

Le PRD d'AMLO, qui veut à tout prix empêcher la prise de fonctions de « l'usurpateur » (Felipe Calderon) le 1er décembre prochain, a annoncé que ses militants participeront directement au blocage des routes dans l'État d'Oaxaca aux côtés de l'APPO.

  

 

11 novembre:

L'APPO demande l'asile politique à l'Eglise catholique. Celle-ci lui offre sa protection.

 

 

10 novembre:

Le Congrès constituant de l'Assemblée s'est ouvert le 10 novembre. Il avait pour but de définir les perspectives, les principes, le programme et le plan d'action, à à court, moyen et long terme, de l'Assemblée, puis de désigner les membres qui formeront le Conseil de l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca.

 Ce conseil constituera la direction collective permanente de l'Assemblée, elle sera l'organe de coordination et de représentation de l'APPO.

 

 

 

 

 

 

7 novembre:

Une marche de paramilitaires PRIistses protégés par la PFP a eu lieu le matin. Une marche des femmes de l'APPO leur a répondu l'après-midi, elles étaient plus nombreuses qu'eux.

 

 

Quelques chiffres de la présence repressive du gouvernement mexicain: 3500 policiers avec des matraques et derrière eux 3000 policiers militaires avec des armes à feu à haute portée; 5 000 militaires de l'armée fédérale protègent les entrées de la ville d'Oaxaca et les alentours de la zone Huastèque, tandis que des paramilitaires continuent d'agresser les localités environnantes. On rapporte la présence de canons à eaux mais aussi de tanks militaires aux abords de la ville.

 

 

 

 

 

 

6 novembre:

L'APPO fait sa réponse à Ulises Ruiz (et aussi au gouvernement mexicain) qui avait dit que le conflit à Oaxaca était limité "à une seule avenue dans la capitale". En effet, une méga marche a eu lieu. Elle a commencé par un rassemblement de quelques milliers près d'un monument dédié à Juarez. Mais les gens se sont joints au fur et à mesure en voyant la manifestation. Une caravane de voiture et de camions venant de Mexico les a même rejoint. Au final, ils ont occupés près de 3 miles sur l'autoroute fédérale 190; ils étaient plusieurs centaines de milliers. La PFP les attendaient et avaient monté plusieurs grosses barricades.

 L'APPO a tout fait pour diriger la manifestation vers la cathédrale Santo Domingo, évitant ainsi des conflits plus violents avec la PFP qui tenait le centre de la ville (Zocalo).

 

 

 Nuit du 5 au 6 novembre:

Explosion de trois bombes à Mexico visant le siège du PRI, le Tribunal fédéral électoral et une agence bancaire de Scotia Bank Inverlat. Il n'y a pas de victimes. Elles sont revendiquées par une coalition de 5 groupes de guérilla "de gauche" d'Oaxaca.

  

 

3 novembre:

Assemblée générale de l'APPO. Une des décisions : Le dialogue avec le gouvernement fédéral reprendra quand les conditions seront réunies : libération de tous les prisonniers politiques, retour de tous les disparus, sains et saufs, arrêt des détentions et de la torture, annulation immédiate des ordres de capture, évacuation des forces de la PFP de tout l’État d’Oaxaca, arrestation des paramilitaires, cessation du harcèlement de Radio Universidad, respect de l’autonomie universitaire.

 Détails ici.

 

 

2 novembre:

La PFP veut faire taire Radio Universitad, elle décide de la prendre d'assaut. Le combat est complètement inégal (hélicoptères, véhicules blindés, fusils d'assaut, lacrymos..). Des blindés sont entrés dans la cité universitaire et des centaines de policiers, militaires, paramilitaires, hommes de main du PRI encerclent l'université. S'ensuit des arrestations, des enlèvements (de fillettes entre autres). Après plusieurs heures de conflits, la PFP initie une retraite. Le peuple a gagné.

 Bilan: 1 mort et 150 diparus. Liste des noms. Petite vidéo fort interessante.

  

 

1er novembre:

Manifestation dans le calme de 8000 personnes à Oaxaca. Ils ont déposé aux abords du quartier général de la PFP, un cercueil au nom du gouverneur ainsi que des offrandes, à l'occasion de la célébration de la Toussaint, pour rendre hommage aux dix compagnons de lutte tués depuis le début du mouvement de protestation.

 

 

Par Claire
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Dimanche 3 décembre 2006

Nous étions une centaine hier soir place d'Iéna pour soutenir la "rebellion" d'Oaxaca.

Arrivée un peu en avance, je suis passée devant l'ambassade du mexique: grand bâtiment avec de jolies grilles. : ) 

Il y avait deux cars de la police nationale et presque pas de manifestants à cette heure-là. Puis, un regroupement s'est formé devant l'ambassade. Les gentils policiers sont venus nous voir et nous ont expliqué gentiment qu'il fallait qu'on descende au niveau de la place d'Iéna. En effet, je ne sais pas si vous saviez, mais il est interdit en France de stationner en groupe dans une rue, mais on a le droit sur une place.

Arrivés sur la place, en bas de la rue où se trouve l'ambassade, on nous dit qu'il faut qu'on se décale encore, devant le musée Guinet, car on n'a pas le droit d'être où on est. Personne ne bouge et comme le "permis" est pour la place d'Iéna, ils abandonnent.

 

Le truc étrange, c'est que ces policiers ont tous l'air de "bleus". Leur chef arrive une heure après le début, demande quinze fois l'attestation de la préfecture. A son arrivée, nous n'avons plus le droit de sortir du petit coin de trottoir où nous étions. Impossible de traverser la rue pour prendre une photo par exemple.

Bon le rassemblement manquait un peu d'organisation mais la semaine prochaine, il faudra y retourner et se faire entendre encore mieux.

 

Car, j'y appris des nouvelles qui font peur. Les sources ne sont peut-être pas forcément à 100% fiables mais cela vient directement d'Oaxaca.

Il y aurait autour de 500 personnes soit prisonniers politiques, soit disparus.

Le chiffre officiel pour les prisonniers est autour de 215. Leurs conditions de détention sont intolérables, tortures and co, mais aussi pas de soins, pas d'avocat, pas de visites des familles....

En plus, des violences, des viols seraient commis sur les femmes et sur les enfants.

Exemple: entre le 29 novembre et le 2 décembre, d'après un organisme de droits humains estiment que dans un espace de 72 heures, il y a eu plus de 250 détentions arbitraires, 90 des personnes concernées étaient enseignants. Les rapports de cas de torture abondent. Les disparitions sont déjà à plus de 30.

Il ne faut pas que la situation continue, il faut faire prendre conscience au monde que c'est plus qu'intolérable.

Pour info, demain devrait se tenir une table de négociation entre l'APPO et le gouvernement mexicain.

L'APPO a prévenu qu'elle se rendrait à cette réunion que si on lui garantissait que les représentants présents ne seraient pas arrêtés, qu'il n'y aurait d'ailleurs plus d'arrestations de membres de l'APPO et que la présence de Francisco Ramírez Acuña (nouveau ministre de l'intérieur qui a le réputation de fournir aux narco-trafiquants et à d’autres criminels violents un refuge dans son état et qui utilise sans vergogne la répression policière) était nécessaire.

 

Si cela vous interesse, voici un témoignage en direct d'Oaxaca.

Par Claire
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Mercredi 6 décembre 2006

désolée, en ce moment, j'écris beaucoup. : )

Je continue mon rappel des faits au jour le jour. (Rappel du mois de novembre)

 

Nous sommes au mois de décembre et cela a commencé au mois de mai. Pour la deuxième fois, Le Monde en a parlé, c'est une maigre victoire. Il faut continuer à en parler pour que la situation change à Oaxaca.

 

5 décembre: Arrestations de représentants de l'APPO, il s'agit de Flavio Sosa, Horace Sosa, Ignace García et Marcelino Coache.

 

4 décembre: Au moins 5000 personnes ont osé manifesté malgré la présence de policiers en civil réclamant la destitution du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, le départ de la Police Fédérale Préventive (PFP) et la libération des « prisonniers politiques ».

L'ex-secrétaire général de la Section 22 du Syndicat National de Travailleurs de l'Education (SNTE), Evangelio Mendoza González a annoncé que le mouvement populaire des enseignants allait relancer la table du dialogue avec le Secrétariat de Gouvernement du gouvernement fédéral et a démenti que les membres du Conseil Étatique de l'APPO ont fui.

 

Je vous mets en lien la traduction d'un entretien avec Flavio Sosa, un des dirigeants de l'APPO ici.

 

Au passage, je signale un rassemblement devant l'ambassade du mexique aujourd'hui à 18h: 9, rue de Longchamp 75116 Paris Métro IENA.

Et sinon, il y aura "une assemblée en lutte afin de faire part aux révoltés d’Oaxaca de notre solidarité" cf Bellaciao. Rdv le 17 décembre à 14h au Centre International des Cultures Populaires (CICP) 21 ter, rue Voltaire, Paris XIème. Métro rue des boulets ou nation.

Désolée, c'est très parisien. Dès que j'ai d'autres infos, je relaie.

 

Mobilisons-nous.

Par Claire
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Projet de Benka : partir en 2008 à travers l’Europe et l’Asie. Son but est de rencontrer les « témoins du climat » : associations, villes, entreprises, individuels… Il existe quantité de personnes à rencontrer pour parler du climat sous une forme concrète, lié à la vie quotidienne, au militantisme ou à un métier.


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