Petit rappel chronologique des faits.
22 mai : 70 000 instituteurs d'Oaxaca se mettent en grève. Le centre de la capitale est occupé. 20 000 grévistes et leurs familles campent autour de la place principale.
14 juin : 2 000 policiers attaquent à l'aube le campement. Trois heures plus tard, les instits, soutenus par la population, reprennent le contrôle de la ville.
2, 7, 16 juin : Des « mégamarches » rassemblent jusqu'à 800 000 manifestants.
17 juin : Création de l'Assemblée populaire du peuple d'Oaxaca (APPO), qui exige la destitution du gouverneur et intensifie les blocages.
Fin juin : Les occupations de mairies se multiplient, suivies de l'expulsion des maires et de l'élection de conseils. On ferme les administrations et on réquisitionne les véhicules officiels.
2 juillet : Élection présidentielle. Le PRI est balayé dans les urnes. Il monnaie son soutien au candidat de droite. Le candidat de gauche, qui était favori, dénonce une fraude et mobilise ses partisans.
17 juillet : Blocus des hôtels et complexes touristiques. La Guelaguetza, fête indigène devenue foire commerciale, est annulée. Une Guelaguetza alternative sera célébrée avec succès. Le ministre du tourisme parle de catastrophe « comparable à l'ouragan Wilma ».
23 juillet : Manifestation contre le mitraillage de Radio Universidad. Six paysans sont placés en garde à vue. Après les avoir libérés, la foule saccage le commissariat et danse dans la rue.
27 juillet : L'APPO demande au Sénat de destituer le gouverneur, qui affirme qu'« Oaxaca est en paix ».
1er août : Une manifestation de femmes armées de casseroles occupe la radio-télévision officielle.
3 août : Des hommes masqués tirent à la kalachnikov sur les locaux de la télé occupée.
9 août : Meurtre de trois Indiens de l'APPO. Arrestation de deux leaders de l'APPO, accusés de rébellion. Trois instits sont enlevés par des inconnus et torturés dans un commissariat.
10 août : Manifestation réclamant la libération des trois instits. Des barbouzes ouvrent le feu : un mort. Un site Internet appelle au meurtre des figures de l'APPO.
16 août : Les organisations patronales supplient le président Fox d'intervenir, parlant de « dégâts économiques à effet domino ».
17 août : Grève civique des syndicats de la santé, des télécommunications, de l'université et des services municipaux. Tentative d'arrestation d'un leader de l'APPO : les policiers sont giflés, désarmés puis livrés aux autorités.
21 août : Des paramilitaires expulsent les occupants de la télé officielle. Dans les heures qui suivent, l'APPO investit douze radios commerciales.
22 août : Un « convoi de la mort » parcourt les rues et tire sur les radios occupées : deux morts. Des dizaines de barricades se dressent pour empêcher les tueurs de circuler.
23 août : La procureur général accuse l'APPO d'être un mouvement de guérilla urbaine.
25 août : De mystérieux guérilleros distribuent des tracts soutenant l'APPO, la mobilisation anti-fraude et l'EZLN? Effet immédiat : l'armée patrouille la zone et intimide les assemblées de l'APPO.
30 août : Le quotidien La Jornada révèle que 1 200 hommes de main s'entraînent dans deux casernes du centre du pays en vue d'intervenir contre les mouvements d'insurrection civile.
1er septembre : Mégamanifestation. L'APPO réclame un soutien plus actif des zapatistes.
4 septembre : Échec du déménagement de l'administration Ruiz à Juchitán. Sous la pression de la rue, le maire de la localité déclare le gouverneur persona non grata. À Oaxaca, l'APPO lance un manifeste où Ruiz est « proscrit » et publie des bans placardés dans tout l'État.
27 octobre: Brad Will, journaliste indépendant pour le réseau Indymedia New York est tué à Oaxaca, au Mexique. Il a reçu une balle dans la poitrine alors qu'il enquêtait sur la milice paramilitaire qui réprime la révolte menée par l'Assemblée populaire du peuple d?Oaxaca (APPO).
29 octobre : La PFP (Police Fédérale Préventive) a pris dimanche le contrôle du centre d'Oaxaca, occupé par les instituteurs en grève et les militants de l'APPO, mais peine à étendre son emprise au reste de l'agglomération.
30 octobre: L'ONU demande aux autorités mexicaines d'ouvrir un enquête sur les circonstances des 15 morts de ces évènements. Manifestation calme de 15000 personnes.
31 octobre: l'Assemblée nationale a voté à l'unanimité une résolution demandant au gouverneur de reconsidérer son refus de démissionner et, à l'APPO de “quitter les installations officielles qu'elle contrôle, afin que revienne la paix et la tranquillité“.
1er novembre: Manifestation dans le calme de 8000 personnes à Oaxaca. Ils ont déposé aux abords du quartier général de la PFP, un cercueil au nom du gouverneur ainsi que des offrandes, à l'occasion de la célébration de la Toussaint, pour rendre hommage aux dix compagnons de lutte tués depuis le début du mouvement de protestation.
Désolée, c'est un peu long, mais je pense que c'est nécessaire pour tout comprendre.
Il manque un autre élément, le gouverneur dont tout le monde demande la démission est M.Ruiz, qui, depuis le début en 2004 de son mandat de six ans, a fait fermer un quotidien hostile. Il est également soupçonné d'avoir confondu les caisses de l'Etat avec son compte bancaire et de détournements de fonds au profit de la campagne du candidat du PRI à l'élection présidentielle. C'est lui, aussi, qui a envoyé la police anti-émeutes chasser les instituteurs en grève du centre de la ville.
Il a, depuis le mois de juin, quitté Oaxaca et réside à Mexico mais refuse toujours de démissionner.
On a le droit de ne pas être du tout d'accord avec certaines idées zapatistes voire toutes, de ne pas adhérer à la forme armée de leur rebellion, etc... Mais là peut-on vraiment ne pas convenir qu'ils ont raison??



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