Oaxaca AV

Publié le par Claire

A Oaxaca, capitale de l’état mexicain du même nom, la situation empire depuis le mois de mai, date du début des évènements.

Oaxaca est un état du sud du Mexique. Il fait partie avec le Chiapas et le Guerrero des états mexicains les plus pauvres et les plus corrompus, et où la population indigène est nombreuse (20% de la population totale).

Oaxaca est, de plus, depuis des années, gouvernée par le PRI (Parti Révolutionnaire Institutionnel). Ses caciques se sont enrichis en s’alliant avec les grands patrons de l’industrie et les grandes entreprises multinationales telles qu’Iberdrola. Ils se sont aussi caractérisés par leur corruption et par la répression comme moyen pour gouverner.

 

 

 

Au mois de mai 2006 a commencé la grève de 70 000 enseignants. La situation dégénère quand le 14 juin, le campement installé par 20 000 grévistes et leur famille se fait attaquer pendant la nuit par la PFP (Police Fédérale Préventive). Cette attaque fut ordonné par le gouverneur de l'Etat, Ulises Ruiz. N'ayant pas visé que le piquet de grève mais aussi le centre ville d'Oaxaca, cela a réveillé les consciences de la population civile.

Aussitôt s’est créée l’APPO, l’Assemblée Populaire des Peuples d’Oaxaca, véritable marque de la lutte de cette population opprimée, qui passe au-dessus des différences d’origine ou d’appartenance politique. Composée de 360 organisations sociales en tout genre, des organisations indigènes aux organisations de femmes, en passant par des écologistes, des commerçants et des étudiants, elle organise la rebellion.

Depuis les gaz lacrimogènes, les matraques et les canons à eau ont répondu aux manifestations pacifiques de la population oaxaquenienne.

Dans la ville, la mise en place de barricades par les oaxaquenos et le démontage par la PFP (Police Fédérale Préventive) se succèdent. Les points centraux des affrontements se trouvent près de l’université, où la seule radio non contrôlée par l’Etat continue d’émettre (Radio Universitad) et dans le centre ville, place du Zocalo.

Au fil des mois, la répression devient de plus en plus violente.

Par exemple, le 22 juillet, un groupe d’une vingtaine d’inconnus a fait usage d’armes à feu de gros calibre contre les installations de Radio Universidad. Le 21 août, des policiers et des paramilitaires ont attaqué des stations de radio communautaires et une chaîne de télévision, faisant des blessés et des disparus.

Les arrestations et les disparitions commencent à se faire nombreuses. 

 

 

Une des  vagues de répression des plus violentes a lieu le 25 novembre. L'APPO avait organisé une marche pacifique dont le trajet encerclait le lieu où se trouvait la PFP. Ils demandaient le départ d'Ulises Ruiz, celui de la PFP et la libération des prisonniers politiques.

L’affrontement commença aux alentours de 17 heures lorsque la police voulut rompre le cordon l’entourant. Le but de la police était évident :  exacerber l’affrontement pour justifier une répression plus forte et plus ample. Ainsi, la PFP et la police de l’Etat passèrent à l’offensive avec des camionnettes, des engins blindés et ont poursuivi les manifestants dans les maisons...  

  

Mais on ne peut pas parler d’Oaxaca sans parler de la situation politique plus globale du Mexique.

Le 2 juillet 2006, a été élu Felipe Calderon, membre du PAN (Parti d'Action Nationale), au poste de président des Etats-Unis du Mexique. Election qui est fortement contesté par Andres Manuel Lopez Obrador (AMLO), candidat du PRD, car emportée qu’avec un écart de 0,56%, et dans des conditions peu claires. (recompte mais que de 9% des voix...).

Dans l'état d'Oaxaca, AMLO était largement arrivé en tête des élections.

 Felipe Calderon a donc succédé à Vicente Fox le 1er décembre malgré la contestation des parlementaires du PRD et « l’autoproclamation » d’AMLO en tant que président légitime du Mexique le 20 novembre.

Felipe Calderon est au niveau politique encore plus à droite que son prédecesseur. est un catholique conservateur opposé à l'avortement, à l'euthanasie, au mariage homosexuel et à la peine de mort. Il est également un défenseur de la concurrence et du libre-échange, en particulier avec les États-Unis.

Il a nommé Francisco Ramirez Acuña au poste de ministre de l’intérieur. Ce dernier a déjà déclaré que ce serait le premier dossier sur lequel il se pencherait. Il était auparavant gouverneur de l’état du Jalisco où il appliquait sans vergogne la répression policière (par exemple, à Guadalajaja le 28/05/04). Cet état est réputé également pour abriter tous les narco trafiquants et autres criminels où ils sont apparemment protégés.

 

 

Depuis le 25 novembre à Oaxaca, la répression est encore plus violente. Tout d’abord, la PFP et la police de l’Etat ont lancé une campagne pour arrêter les 100 étrangers qui étaient, selon eux, les « conseillers » de la résistance face à l’attaque policière.

Radio Ciudadana lançait des appels à la délation, afin de pouvoir mieux détecter les « subversifs étrangers ».

Ensuite, les recherches policières visèrent à arrêter maximum de personnes considérées comme des dirigeants de l’APPO. Enfin, des policiers entraient dans les bus et, de façon arbitraire, arrêtaient des passagers. Une fois arrêtés, ils étaient systématiquement brutalisés, torturés, et les femmes subissaient harcèlements et violences.

Mais la population Oaxaquenienne a continué le "combat" en manifestant pacifiquement le 4 décembre, en rompant la peur de l'arrestation.

Mais le 4 et 5 sont arrêtés quatre représentants de l'APPO.

A ce jour, selon des sources oaxaqueniennes, il y aurait 500 à 600 prisonniers politiques et/ ou disparus. On a l’impression de se retrouver dans l’Amérique latine des années 1970. 

Les chiffres officiels de l’APPO annoncent au moins 215 prisonniers politiques.

Les organisations de droits humains sur place dénonce les traitements de ces prisonniers. Ils sont torturés, n’ont pas accès aux soins, n’ont pas le droit à un avocat et surtout n’ont pas le droit d’avoir de visites de leurs familles.

 

Ce qui est très important pour les oaxaquenos, c'est de sentir qu'ils ne sont pas seuls. C'est pour ça que des mouvements de soutien naissent partout dans le monde.

Des manifestations ont eu lieu à Montréal, Paris, d'autres villes de France, Bruxelles, etc... La dernière manifestation "mondiale" a eu lieu le 20 novembre, elle a réunit à Paris entre 500 et 800 personnes dans le froid et sous la pluie.

La prochaine est le 22 décembre (départ de beaubourg). Sinon un rassemblement aura lieu mardi 12 décembre à 18h30 place d'Iéna près de l'ambassade du Mexique.

 

 

 

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nina 15/02/2009 17:24

http://voldemots.blogspot.com/ http://www.petassecapitaliste.fr/ et femme libre comme si de rien n était ;D  & http://kanya.over-blog.com/ et...http://www.penelope-jolicoeur.com/page/4/, le trône, quelle merveille de sagacité. Ah y a ça, aussi :Dallez hop,et puis ça aussi...http://plagiat.ec-lille.fr/

bernard 27/01/2009 23:23

Je salue une nouvelle fois ton engagement !Sinon, plusieurs personnes m'ont parlé d'un nouveau site qui vient de s'ouvrir et qui a l'air d'être fait pardes gens qui connaissent bien le ps et qui n'ont pas froid aux yeux. Donc je me renseigne : est-ceque tu saurais qui est derrière ça?ça s'appelle La Rose qui pique (http://www.larosequipique.fr) et c'est assez marrant, d'ailleurs.

Léna 23/01/2009 12:25

Contente de te relire:)