Mois de novembre Oaxaca

Publié le par Claire

Résumé du mois de Novembre à Oaxaca.

 

 

30 novembre:

Le gouvernement de Ruiz a annoncé qu'avec l'aide des paramilitaires, de la PFP et de la police municipale, ils traqueraient tous les étrangers qui prenaient part au mouvement. (il y aurait une centaine de noms). Une française, Sarah, aurait été arrêtée.
Ils encouragent à la délation par une propagande radio.

Il est impossible de quitter la ville, tous les véhicules sont fouillés et arrête toute personne suspecte: un simple drapeau cubain sur un t-shirt suffit pour arrêter quelqu'un.
Les rafles et les disparitions sont nombreuses, tout le monde vit reclus dans les maisons.

Radio universitad a cessé d'émettre.


Un Forum des peuples indigènes a eu lieu à Oaxaca dans des locaux de l'église de la Vierge des Pauvres.
Il a abouti à une déclaration répétant les exigences de démission du gouverneur, de retrait de la PFP, de présentation des disparus en vie, de libération des prisonniers, d'arrêt des violences policières.
Cette dernière dénonce également la terreur exercée par l'occupation policière de la ville et la criminalisation de la protestation sociale en guise de moyen pour faire échouer l'APPO.

 

 

 

29 novembre:

La barricade du carrefour Cinco Señores, dernière barricade d'Oaxaca, qui défendait notamment l'accés à l'université, est restée sans défenseurs durant la nuit du 28 au 29, de sorte qu'à 4 heures du matin des bulldozers sont arrivés, accompagnés d'une centaine de nettoyeurs et défendus par une vingtaine de camionnettes de policiers fortement armés. Ils ont complètement démembré la barricade et dégagé les dernières routes coupées.

 Les membres de l'APPO qui émettaient encore sur Radio Universitad ont préféré remettre la radio entre les mains de l'Université plutôt que de laisser la police s'en emparer par la force. La PFP occupe désormais toute la ville.

 Au Parlement mexicain, rien ne va plus. Les députés sont rassemblés par parti et en cours de discussion. Les députés du PRD ont décidé de ne pas bouger, déclarant que c'est leur candidat Andres Manuel Lopez Obrador qui a gagné les élections présidentielles de juillet. Ils se sont en conséquence engagés à bloquer la cérémonie d'investiture de Calderon, qui doit se tenir au Congrès, le 1er décembre.

 

27 novembre:

141 prisonniers extrêmement dangereux selon les autorités mexicaines sont transférés de la prison d'Oaxaca vers des prisons de haute sécurité. Ils sont accusés d'avoir  commis plusieurs crimes dont le sabotage de l'équipement de  communication fédéral.

 

 25 novembre:

Marche massive de 8 km depuis le sud de la capitale. Elle portait trois revendications : le départ du gouverneur Ulises Ruiz Ortiz, la libération des prisonniers politiques et le départ de la PFP. Le but était de créer un cercle durant quarante-huit heures entourant le lieu où se trouvaient les membres de la PFP. L’affrontement commença aux alentours de 17 heures lorsque la police voulut rompre le cordon l’entourant. Le but de la police est évident :  exacerber l’affrontement pour justifier une répression plus forte et plus ample. Ainsi, la PFP et la police de l’Etat passèrent à l’offensive avec des camionnettes, des engins blindés et ont poursuivi les manifestants dans les maisons, etc.

 Bilan: 140 blessés dont 20 blessés par balle, au moins cent arrestations et cinq morts.

 

 

 19 novembre:

Une manifestation de femmes a lieu pacifiquement pour dénoncer et faire cesser le harcèlement sexuel et les viols commis par les paramilitaires et la PFP lors des "arrestations". Elles se font "réprimés par la PFP à coup de matraque et de gaz lacrimogènes. Les canons à eau sont même dirigés contre elles.

 Et surtout création de l'Assemblée Populaire des Peuples du Mexique (APPM),  constituée de 19 assemblées populaires d'état et de 75 organisations sociales. L'APPM a appelé aux participants de "l'autre campagne" et du "Frente Amplio Progresista" (coalition de trois partis de centre gauche, le Parti de la Révolution Démocratique, le Parti du Travail et le Parti Convergence) a les rejoindre, afin d'unir leurs efforts dans la lutte contre le projet néolibéral de Felipe Calderon.

L'assemblée constitutive a accordé son soutien total au plan d'action de l'Assemblé Populaire des peuples de Oaxaca. Elle participera aux piquets devants 15 ambassades, à une méga marche qui aura lieu jusqu'à capital de Oaxaca et aux blocages de routes.

  

 

18 novembre:

Des étudiants sont toujours enlevés quotidiennement. 

 Création d'une "filiale" de l'APPO dans l'Etat du Michoacàn, qui, appuyée par la Coordination nationale des travailleurs de l’Education (CNTE), annonce une grève illimitée dans plus de 10 000 écoles de l’État et le départ pour Oaxaca de trois mille enseignants en renfort pour l’APPO.

 

 

15 novembre:

L'APPO annonce qu'elle empêchera le gouverneur de l'État, Ulises Ruiz, de rendre son deuxième rapport d'activités au Congrès (car synonyme de gouvernabilité).

 Les étudiants de l'Université autonome Benito Juarez d'Oaxaca refusent de reprendre les cours, ainsi que de démanteler les barricades qui entourent le campus.

 Dans une petite ville de l'État, des professeurs ont fait prisonniers six militants du PRI qui cherchaient à remplacer les professeurs de la section 22 du syndicat, toujours en grève.

 

 

 12-13 novembre:

Les délégués des sept régions de l'Etat d'Oaxaca et des différents secteurs de la société composant l'Assemblée formaient le corps du Congrès. 800 au début, un peu plus de mille sur la fin, ils avaient un carton orange et eux seuls avaient le droit de vote, puis venaient les invités munis d'un carton jaune (les invités avaient le droit à la parole, mais non au vote) et la presse, autre carton, qui a dû sortir dès le commencement des débats.

 Les minorités issues des colonies, des barricades et des communautés villageoises vont apportant un esprit nouveau ont fait face aux traditions de lutte des militants marxistes. Durant toute la durée du congrès, ces deux formes de pensée vont s'affronter, mais aussi s'écouter, pour finir par conclure une forme d'alliance, un pacte provisoire.

 Il y a eu trois tables de discussion:

 Table 1, analyse du contexte international, national et régional, à l'intérieur duquel se constitue l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca.

 Table 2, la crise des institutions : pour une réforme intégrale de l'Etat libre et souverain d'Oaxaca, pour un nouveau gouvernement, une nouvelle constituante et une nouvelle constitution.

 Table 3, l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca, perspectives, déclaration de principes, statuts et buts, plan d'action à court, moyen et long terme.

 

 

    Trois courants se sont entrechoqués, le courant "communautaire", celui "révolutionnaire" et celui du PRD. Ils ont fini par élire 260 membres pour deux ans. Le principe de "pas moins de 30% de femmes" ayant été validé.

 

 

 12 novembre:

Le PRD d'AMLO, qui veut à tout prix empêcher la prise de fonctions de « l'usurpateur » (Felipe Calderon) le 1er décembre prochain, a annoncé que ses militants participeront directement au blocage des routes dans l'État d'Oaxaca aux côtés de l'APPO.

  

 

11 novembre:

L'APPO demande l'asile politique à l'Eglise catholique. Celle-ci lui offre sa protection.

 

 

10 novembre:

Le Congrès constituant de l'Assemblée s'est ouvert le 10 novembre. Il avait pour but de définir les perspectives, les principes, le programme et le plan d'action, à à court, moyen et long terme, de l'Assemblée, puis de désigner les membres qui formeront le Conseil de l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca.

 Ce conseil constituera la direction collective permanente de l'Assemblée, elle sera l'organe de coordination et de représentation de l'APPO.

 

 

 

 

 

 

7 novembre:

Une marche de paramilitaires PRIistses protégés par la PFP a eu lieu le matin. Une marche des femmes de l'APPO leur a répondu l'après-midi, elles étaient plus nombreuses qu'eux.

 

 

Quelques chiffres de la présence repressive du gouvernement mexicain: 3500 policiers avec des matraques et derrière eux 3000 policiers militaires avec des armes à feu à haute portée; 5 000 militaires de l'armée fédérale protègent les entrées de la ville d'Oaxaca et les alentours de la zone Huastèque, tandis que des paramilitaires continuent d'agresser les localités environnantes. On rapporte la présence de canons à eaux mais aussi de tanks militaires aux abords de la ville.

 

 

 

 

 

 

6 novembre:

L'APPO fait sa réponse à Ulises Ruiz (et aussi au gouvernement mexicain) qui avait dit que le conflit à Oaxaca était limité "à une seule avenue dans la capitale". En effet, une méga marche a eu lieu. Elle a commencé par un rassemblement de quelques milliers près d'un monument dédié à Juarez. Mais les gens se sont joints au fur et à mesure en voyant la manifestation. Une caravane de voiture et de camions venant de Mexico les a même rejoint. Au final, ils ont occupés près de 3 miles sur l'autoroute fédérale 190; ils étaient plusieurs centaines de milliers. La PFP les attendaient et avaient monté plusieurs grosses barricades.

 L'APPO a tout fait pour diriger la manifestation vers la cathédrale Santo Domingo, évitant ainsi des conflits plus violents avec la PFP qui tenait le centre de la ville (Zocalo).

 

 

 Nuit du 5 au 6 novembre:

Explosion de trois bombes à Mexico visant le siège du PRI, le Tribunal fédéral électoral et une agence bancaire de Scotia Bank Inverlat. Il n'y a pas de victimes. Elles sont revendiquées par une coalition de 5 groupes de guérilla "de gauche" d'Oaxaca.

  

 

3 novembre:

Assemblée générale de l'APPO. Une des décisions : Le dialogue avec le gouvernement fédéral reprendra quand les conditions seront réunies : libération de tous les prisonniers politiques, retour de tous les disparus, sains et saufs, arrêt des détentions et de la torture, annulation immédiate des ordres de capture, évacuation des forces de la PFP de tout l’État d’Oaxaca, arrestation des paramilitaires, cessation du harcèlement de Radio Universidad, respect de l’autonomie universitaire.

 Détails ici.

 

 

2 novembre:

La PFP veut faire taire Radio Universitad, elle décide de la prendre d'assaut. Le combat est complètement inégal (hélicoptères, véhicules blindés, fusils d'assaut, lacrymos..). Des blindés sont entrés dans la cité universitaire et des centaines de policiers, militaires, paramilitaires, hommes de main du PRI encerclent l'université. S'ensuit des arrestations, des enlèvements (de fillettes entre autres). Après plusieurs heures de conflits, la PFP initie une retraite. Le peuple a gagné.

 Bilan: 1 mort et 150 diparus. Liste des noms. Petite vidéo fort interessante.

  

 

1er novembre:

Manifestation dans le calme de 8000 personnes à Oaxaca. Ils ont déposé aux abords du quartier général de la PFP, un cercueil au nom du gouverneur ainsi que des offrandes, à l'occasion de la célébration de la Toussaint, pour rendre hommage aux dix compagnons de lutte tués depuis le début du mouvement de protestation.

 

 

Publié dans Oaxaca

Commenter cet article