On continue, on continue....
Ca fait maintenant plus d'un an que ce blog existe.
Il évolue tous les jours. Aidez le à continuer!! ; ) Je suis ouverte à toutes suggestions. ; )Après une petite pause, me voici de retour après un contre G8 fort sympathique.
Je suis reboostée, en forme avec plein de choses à dire!!!
Je vous rassure, je ne vais pas parler que de G8, à force ça peut devenir ch...t ; ))
J'ai repris le blogging depuis une semaine et j'étais curieuse de savoir quels mots clés avaient fait revenir des lecteurs.
Et là, j'ai trouvé les meilleurs que j'ai jamais eu.
Tout d'abord, des mots qui m'ont fait plaisir: Black block, péripéties G8 et fouille à poil. Ce qui m'a permis de voir que des gens ont eu une version différente de celles des médias traditionnels et cela me fait super plaisir : )
Mais les autres sont beaucoup plus drôles: blog de tarés, choisir mitigeur, la chanson dromadaire dans le désert et dances avec des ex soldats américains.Pas mal non??
Et mon article sur le sexualité féminine a bien fonctionné, puisque comme mots clés j'ai trouvé "quest-ce ce que la sodomie? comment utiliser un vibromasseur? et maison close à paris". ; )
Suis très fière de moi.
Vous croyez que je puisse faire pire??? ; )
;
Le truc que j'aime bien dans les manifs alter, ce sont les batucadas.Et j'en parlais avec des amis, dimanche dernier, en disant qu'il ne fallait pas que j'oublie ou alors il y aurait une crise diplomatique.
Et eux, de me dire, que c'était comme la fête des mères, issue de la politique de Vichy et de son Travail Famille Patrie. Et que c'était comme la fête de la femme ou la Saint Valentin, un truc pour se donner bonne conscience et consommer encore un peu plus.

Et bien, moi, je ne voyais pas ça comme ça, et je crois que je ne le vois toujours pas comme ça. : )
Pourtant je suis la première à m'énerver sur le sujet. Il suffit de lire mon article sur la fête de la femme pour le comprendre. : )
En décidant d'écrire sur le sujet, j'ai fait quelques recherches sur Wikipédia. Et j'ai appris des trucs interessants.
Vous vous en moquez peut-être mais la fête des mères est fêtée depuis la nuit des temps : La Grèce antique fêtait au printemps la déesse Rhéa, mère de Zeus, une fête religieuse romaine célébrait les matrones lors des Matronalia, et au XVe siècle, les Anglais fêtaient le Mothering Sunday.
Donc ce n'est pas qu'une fête réactionnaire et fidèle au capitalisme ; )
Et j'ai appris également que la fête des pères en France n'a rien d'officiel.
Dans une société comme la nôtre où parler de sentiments est compliqué, la fête des pères ou des mères n'est-elle pas un moyen de le faire??
Ou est-ce parce que je viens d'une famille de psychopathe qui ne sait pas se parler??
Ou encore le bourrage de crâne qu'on me fait depuis ma naissance a fonctionné sur certains points?? ; )
PS: A ceux qui se demande pourquoi cette photo, je réponds : lisez mon article sur la fête de la femme et puis aussi j'aime bien les orang outans. ; )
Et là je suis tombée sur un truc qui est drôle au premier abord mais fait un peu peur au deuxième.
Il y a 10 questions avec les réponses d'un sexologue.
J'en reprends quelques-unes.
"Je n'ai jamais eu d'orgasme. Est-ce du à une anomalie physique??"
Réponse : "D'un point de vue physiologique, le plaisir féminin n'est ni naturel, ni nécessaire, ni suffisant. Le corps de la femme n'est pas programmé pour jouir. Sa part de "singe" en elle, fait de son corps un outil de procréation qui, pour ce faire, n'a pas besoin de jouir."
Là j'ai commencé à avoir peur, vive les théories machistes....
Mais il se rattrape un peu : "La jouissance féminine est donc un réflexe optionnel qui ne sert à rien d'un point de vue biologique mais qui résulte d'un apprentissage, d'une auto-découverte. Autrement dit, la femme doit lutter contre son corps pour avoir un orgasme."
Donc, une femme a le droit au plaisir quand même, mais pas trop non plus...
Et de finir avec une phrase trop top ; ) : "Enfin, face à son partenaire, la femme doit adopter une attitude foncièrement égoïste, penser à elle d'abord, à lui, ensuite."
Mince, le sexe ne se pratique pas à deux?? Sexualité de couple = masturbation personnelle à deux??? On m'a surement mal expliqué...
Je vous en propose une deuxième:
"Comment une femme sait-elle si elle est un bon ou un "mauvais coup" ?"
Réponse : "Une femme le sait. Parce qu'elle ressent et devine les émotions de son partenaire."
Réponse pas trop mal. Pourquoi ne pas poser la question?? En évitant bien sûr, je suis un bon coup hein... : )
La suite : " Mais le plus important est ailleurs. Un "bon coup", c'est une femme qui l'est d'abord pour elle-même, qui prend du plaisir dans la relation sexuelle qu'elle a avec son partenaire. Si c'est le cas, elle sera alors forcément un "bon coup" pour lui. "
Alors je sais pas si c'est vrai mais je garantis que l'inverse est faux ; )
Le truc qui me gène, en plus des réponses plutôt pourries, c'est que les femmes soient obligées d'aller sur internet pour parler de ces choses là.
J'avais l'impression qu'on pouvait parler librement, mais apparemment j'ai du me tromper.
Notre société a-t-elle toujours autant de tabous?? Ou est-elle encore plus conservatrice qu'il y a 20 ans??
PS: si vous n'en avez pas eu assez, il reste "J'ai du plaisir pendant l'acte sexuel mais je ne sais pas si c'est un orgasme. Comment le reconnaît-on ?" ou "J'ai des fantasmes excitants mais inavouables. Dois-je en parler à mon partenaire ?" et plein d'autres encore. C'est ici.
Le prochain café économique aura lieu le jeudi 14 juin
à la Ménagerie (anciennement Manhattan) (c’est ici) à partir de 19h30-20h.
Le thème du débat : Le contrat de travail unique
L’invité du prochain café est Gilbert Cette.
Gilbert Cette est économiste du travail. Il est directeur des analyses macroéconomiques et des prévisions à la Banque de France. Il est également professeur associé à la Faculté de Sciences économiques de l’Université d’Aix-Marseille II et membre du Conseil d’Analyse Economique (CAE).
Il a publié de nombreux articles sur le sujet.
Jusqu’à la tenue du café économique, le blog sera alimenté dans les rubriques “graph du jour” et “phrase du jour” sur le contrat de travail unique. Et sera mis en ligne dans les jours qui viennent une brève présentation de la problématique à travers 4 axes de débat.
Désolée, tout est souligné par je ne sais quel mystère.
Mais venez nombreux!!
Je retranscris ici l'article de Francesco, qui a été une vraie mère pour moi pendant ce G8. ; )
"Avertissement :
Vous ne trouverez rien dans ce long post qui soit habituellement considéré comme une « info ». Ce n’est qu’un petit récit, trop long, pas « vendeur », une histoire pour tous ceux qui y étaient, qui auraient aimé y être ou qui aiment ceux et celles qui y étaient.
(J’ai lu beaucoup de bêtises concernant le contre-G8 dans les commentaires de certains blogs. J’y répondrais peut-être plus tard. De manière générale, méfiez vous de ceux qui vous expliquent ce qui se passe et qui n’y étaient pas. De ceux qui vous expliquent qui nous sommes et pourquoi nous sommes là, et qui ne nous connaissent pas.).
Impressions, soleils levants
Le sentiment, d’abord, d’avoir laissé là bas la « vraie vie », des amis, une famille. Et de replonger aujourd’hui dans la matrice. Quelquechose ici sonne faux. C’est étrange. Ce bureau, ces gens, ces discussions, ces mails… tout cela parait « préfabriqué », artificiel. Ça manque d’âme ici. de chair. de vie. Envie de trouver l’interrupteur.Que les masques tombent. Que le décor s’effondre.
Et revoir demain le soleil se lever sur la terre.
L’aube d’un nouveau monde.
Des sourires, des visages
Avec combien de gens ai-je parlé en 3 jours ? 30 ? 50 ? 80 ? beaucoup plus ?
Roman, le premier qu’on croise « Salut ! Je vous montre le camp ? Vous voulez des fraises ? »
Un tel, de retour de 3 mois en Argentine, avec les piqueteros.
Un français qui habite à Hambourg, un autre à Amsterdam, un mexicain, les discussions le soir autour des feux, la bouffe qui mijote dans des grandes marmites en fer, les rires. Ça parle allemand, français, anglais. Les clowns, les dreadlocks, les grandes tentes. Un peuple entier. Jeune, vivant, varié. Riche. Celui là raconte sa journée en prison, la veille. Il est 5h du matin. Il a été libéré il y a 2 heures ; il repart avec nous.
Métamorphose…
On est une centaine. Cette fois, on a décidé de passer à pied, par la forêt. La veille, on était partis en voiture et le convoi avait été immédiatement bloqué et coupé en deux par la police.
Ça discute, ça plaisante. On marche. Il fait beau.
Ambiance un peu « colo ». Peut-être pour se rassurer un peu.
On se trompe de chemin, on retrouve le bon. Et puis on s’arrête.
C’est là.
La route est juste de l’autre côté de la colline.
On entend passer une voiture de temps en temps.
On attend. On en profite pour se préparer un peu, au cas où ils utilisent des lacrymos. Les foulards sortent des poches, on ajuste les capuches, on échange quelques conseils.
En quelques minutes, le joyeux groupe bigarré a complètement changé d’aspect. On ressemble à une horde barbare. En fait, on ressemble exactement à…
A un black block ?
Les fameux « blacks blocks ». Les violents, dangereux, les « quelques imbéciles qui viennent juste pour tout casser », qu’on a vu à la télé… mais alors… ce serait juste……nous ?
Paint it black
Des pneus crissent, des portières claquent. Et immédiatement, on les entend hurler. Ils sont juste derrière nous. Le temps de gravir la colline et de repartir en courant, on entend déjà plus que « POLIZEÏ ! » au loin dans un haut parleur.
Et puis la vraie bande son démarre…
On l’entend d’abord au loin, puis se rapprocher et quelques secondes plus tard, il est là. Juste au-dessus des arbres ; il nous cherche. Y a pas à dire, le bruit inimitable des pales de l’hélico, ça vous met tout de suite une ambiance d’enfer. « Paint it black » à fond dans les oreilles.
On repart en courant, juste pour tomber sur un autre groupe. Il en sort de partout.
Le premier d’entre nous se fait chopper. Il a vu trop tard un groupe de 8 robocops qui dévalaient
la colline. On assiste impuissants à son arrestation musclée, du haut de la butte d’en face.
Une heure et demie de chasse à l’homme dansla forêt. Les arbres qui défilent, les branches qui craquent, le souffle, le cœur qui bat à tout rompre.
C’est plutôt marrant en fait.
On doit ressembler à un groupe d’Iwoks pourchassés par les stormtroopers de l’Empire. Ils ont un look d’enfer, les « anti-émeutes » allemands. Beaucoup plus « futuristes » que les nôtres. Efficace pour intimider, c’est clair, mais je suis pas sur que, question communication, ce soit tout benef. Bah, c’est pas bien grave ; de toutes façons, y a pas de journalistes.
On n’est plus qu’une quinzaine. Laurent, Melinda, Philippe, Marie ont disparu. Charlie, Claire et moi décidons de tenter notre chance en solo. On tient quelques minutes de plus…
Charlie et Claire se font tomber dessus par une dizaine de robocops noirs, et je tombe nez à nez un peu plus tard, sur deux verts qui surgissent d’un fourré. Ils sont tout rouge, les verts, et sacrément essoufflés. Ça me fait sourire ; après je ne vois plus rien parce que je suis allongé par terre sur le ventre avec un genou pas à moi sur la tête et qu’un type me passe des menottes dans le dos en me gueulant des trucs en allemand. Putain, qu’est ce qu’on est bien par terre… Le sol de la forêt est frais, ça sent l’humus et les champignons.
Tout est calme.
Petite précision, les flics étaient en bleu marine très foncé, le noir c'est pour les dangereux black block ; )
Impasse
Allez, je zappe les 16 heures de garde à vue, c’est pas très fun.
Ah si, un truc.
Comme vous imaginez, c’est long. On est 20 dans une cage en fer et il y a une vingtaine de cages. Et forcément on s’inquiète un peu pour les autres. Aucune news des filles depuis leur arrestation. Les infos arrivent au compte goutte, circulant de cage en cage. « hé ! est ce que tu peux demander à la 5 s’il y a un grand type de Hanovre avec un T-Shirt « Fuck G8 » et une boucle d’oreille ? / OK, est-ce qu’il y a deux françaises avec vous ? etc.
Et puis vers 20h, un type qui était parti pisser s’approche de moi.
« J’ai croisé un pote à toi. Il est à la 16. Il dit que vos nanas ne sont pas là. Elles sont dans une autre prison. Il les a croisés, elles allaient bien. »
Laurent... Enorme… ce mec est énorme. Tout d’un coup, je me souviens pourquoi cet emmerdeur qui râle tout le temps et qui ronfle comme 3 locomotives est mon pote depuis toujours.
« ah, et puis il m’a filé ça pour toi ».
Il me glisse un truc dans la main.
Du tabac et du papier, de quoi rouler 3 clopes.
Putain, Laurent, je t’aime.
La presse
J’en ai quand même croisé un, de journaliste.
La veille. Dans le camp.
Un type de la BBC. Il avait pas le moral le p’tit gars.
On a papoté un peu autour du feu.
En gros, il m’a dit : ‘C’est dingue, on peut pas bosser, on est parqués à 20 km de là où ça se passe et on ne voit que les infos officielles sur un écran. Mes collègues bosse à partir de ça. C’est Orwellien. »
Je souris. Il foutait quoi les dix dernières années celui-là ?
« J’ai appelé ma rédaction. Je leur ai dis : moi je refuse de bosser comme ça, je me casse, je vais voir des gens, faire des « sons », ailleurs. C’est comme ça que je suis arrivé dans votre campement. C’est chouette ici ».
Il voulait enregistrer. Je lui ai dis « Laisse tomber va, tes boss le passeront jamais, ton son. Prends plutôt une bière et te bile pas : on n’a plus besoin d’eux, tu sais. On a nos propres medias maintenant »
Drapeaux
A tous ceux qui veulent absolument nous coller des étiquettes. Je n’ai vu que des individus. Pas entendu le nom d’un seul parti, groupe ou quoi que ce soit de ce genre pendant 3 jours. Pas entendu « gauche » ou « droite » ou toutes ces conneries.
Il n’y a que deux drapeaux qui flottaient sur le camp, sur des tours en bois en haut desquelles des enfants jouaient au cerf-volant : un drapeau pirate, noir avec une tête de mort, et un autre arc-en-ciel « PEACE ». Et étonnamment, ces deux symboles, aux antipodes l’un de l’autre, se faisaient des clins d’œil dans le ciel d’Allemagne."
Alors qu'en pensez-vous??
PS: Au fait, Francesco, (au cas où tu passes dans le coin), je te savais pas si sentimental!! ; )))
Celle-ci, c'est la courte. : )
Après une journée vraiment loose le 6, nous avons décidé de participer aux blocages de routes le 7, après l'annonce de l'interdiction de la manif prévue initialement.
Lever 5h. Départ initialement prévu à 5h30, départ effectif à 6h30.
Nous formons trois groupes d'une centaine de personnes. Le but : aller bloquer des routes en passant par la forêt.
Aux alentours de 7h15, les premiers policiers, en robocop (casque, pare-balle, équipement de 30 kgs...) nous tombent dessus. Ils nous foncent dessus, alors perso je flippe et me mets à courir comme les autres à travers la forêt. C'est super impressionnant!!
S'ensuit une chasse à l'homme pendant 1h à 1h30, car ils se trouvent que nous sommes encerclés par une centaine de policier en tout genre.
Au bout d'une heure et quart, Charlie et moi, on est "beaucoup nase". Donc quand on les voit arriver à 8 en plein élan et que nous, nous sommes à l'arrêt en bas d'une montée, on abandonne et on se rend.
Arrestation géniale : ils nous prennent nos papiers, nous expliquent en anglais que nous sommes en état d'arrestation et nous emmènent aux fourgons.
Après 2h d'attente sur le bord de la route ( que les policiers ont bloqué tous seuls pendant au moins 3h, merci à eux ; ) ), après une fouille et une centaine de photos, ils nous emmènent au "centre de tri des arrêtés".
On nous fait attendre, tranquillement, à l'ombre sans menottes. On nous donne à manger une pomme et une tranche de pain. On a le droit de fumer.
Puis on nous déplace au soleil pour nous faire entrer dans les fourgons cellulaires qui vont nous emmener en cellule. On y reste une demie heure, trois quart d'heure. Puis, deuxième fouille, et on nous remet d'autres menottes. On nous installe gentiment dans les fourgons cellulaires, un par cellule individuelle. Avec Charlie, on a de la chance, on a un fourgon avec des fenêtres. Et on part pour le commissariat de Rostock pour nous mettre en garde à vue.
Arrivés là-bas, on nous laisse dans le fourgon pendant au moins 2h, en plein soleil, sans eau, en mettant la musique à fond et en fermant la porte. Là, pas de chance, on est les seuls à qui c'est arrivé.
Après une troisième fouille, et on nous fait entrer dans des cages construites exprès pour l'occasion.
L'épisode de la cage fut bref pour nous. Après, ce fut l'enregistrement de notre garde à vue avec : photos, fouille (encore une et cette fois à poil), prises des pièces à conviction (bandana gris clair pour moi, foulard vert et lunettes de soleil pour Charlie; ils ne nous seront pas rendus), remplissage de papiers, appel au consulat français qui n'en a rien à faire...
Puis, pas de bols pour nous, pendant que la majorité des "arrêtés" restent à une vingtaine dans les cages, car il n'y a pas assez de places, nous, nous retrouvons dans une vraie cellule de garde à vue : carrelage blanc, fenêtre à deux mètres du sol, porte avec oeilleton, trappe pour passer la nourriture...
On nous donne à boire et à manger (toujours même régime avec une banane en plus). Et puis commence l'attente. On est à quatre dans la cellule, on fait connaisssance, on dort ou on essaie.
Perso, j'ai très chaud et mal à la tête. Pourtant mes "codétenues" ; ) ont froid : vive la clim!! : )
Charlie trouve que j'ai une sale tête et demande à ce que je vois un médecin. Ils viennent me chercher même pas une minute après. Le médecin me met sous perfusion pour réhydratation et corticoïdes pour mon mal de tête.
En rentrant dans la cellule, Charlie me dit qu'elle est allée se promener dans les bureaux de la police, entre autres pour prendre de vraies photos officielles d'arrestation. Je me prépare psychologiquement à faire la même chose.
A 21h, les policières ouvrent notre porte, prononcent mon nom et disent "you are free".
Et là en deux minutes, je me retrouve dehors. Des gens des camps alter sont là pour nous accueillir. La solidarité est forte, depuis le début des arrestations, il y a toujours quelqu'un devant les prisons.
Charlie, après une balade sympathique dans les locaux de la police, avec un flic un peu aigri, qui lui dit qu'elle peut partir et puis non et puis si et puis non et puis si, sort une heure après.
Les "arrêtés" sortent alors au compte gouttes.
Comme on ne sait pas où sont les garçons, ni s'ils sont encore en prison, on rentre au camp.
Ils sortent vers 1h du matin, et arrivent au camp vers 3h. Eux ont été relaché en groupe.
Après une bonne nuit de sommeil de 5h, il n'y paraissait plus rien. ; )
Donc, conclusion, il y a un an, je prenais les alters pour des gros malades et ne voyais pas l'interêt de la chose, et cette semaine, je suis allée à l'anti G8, me suis fait arrêtée et ai fini à l'hôpital de la prison, c'est fort, non?? ; )
Si c'était à refaire, j'essaierais quand même d'éviter la prison !! ; )
PS : pour avoir une petite idée des forces policières en présence, allez voir là.
Si vous avez suivi chez Charlie, vous avez vu qu'il y a eu quelques péripéties, sinon sachez qu'on était 4 freemen là-bas, et qu'il nous est arrivé tout un tas d'aventures, que je vais vous raconter.
Il y aura deux ou trois épisodes.
En rentrant, comme ça, j'ai envie de vous parler de mes premières impressions.
Arrivée le 5 juin à 00h30, après plus de 1000 bornes d'une seule traite.
Perso, c'était mon premier anti G8 alors je ne savais pas trop à quoi m'attendre tant au niveau des manifs et autres, qu'au niveau des campements. Les médias m'avaient montré tellement d'images marquées de violence, que je flippais un peu. (en même temps, c'était le deuxième anti G8 de casa et charlie, donc....)
Et bien, mes premières impressions furent plus que bonnes !!
On arrive dans le camp avec nos sacs à dos, ne sachant pas trop où aller, et là un jeune allemand vient nous accueillir et nous expliquer un peu le camp. Il n'est responsable de rien, ni organisateur. Il fait nuit noire, on traine pas, on plante nos tentes (certains avec plus de difficultés) et on dort parce que, quand même, on est nase.
Le lendemain, réveil à 7h. Et là, deuxième impression encore meilleure!! Le camp est relativement petit : quelques centaines de personnes.
La population ets très bigarrée. Cela va du jeune dreadlocksé et piercingé, au vieil anar, en passant par l'écolo allemand, pour finir par les bobos rebelles ( comme dirait certains). ; )
Les gens sont super accueillants. Tout le monde discute, en anglais, en allemand, en français...
Je découvre aussi les principes de l'autogestion des camps altermondialistes. Et c'est super cool!!! : )
Chacun est invité à participer à une tâche quotidienne ( invité pas obligé ; ) ) pour la vie du camp: cuisine, coupage du bois pour les feux, surveillance du camp la nuit.... Et pas de flemmard, chacun fait sa vaisselle. ; )
Cette organisation marche du tonnerre, on n'a jamais aussi bien mangé en Allemagne!! : ) Certaines ont même essayé le beurre de cacahuète avec de la purée de courgettes, de la purée de tomate et d'autres trucs non identifiés et tout ça sur une même tartine au petit déjeuner!!! : )
Si vous voulez voir les photos, c'est ici.
Voilà pour aujourd"hui, demain la suite, avec notre journée loose.....
Celle-ci est la version longue. : ) Bon courage!! ; )
Après une journée vraiment loose le 6, où on s'est fait contrôler par des policiers, à peine sortis du camp, pendant 2 heures avec fouille et tout le toutim ( ça c'est le jeu ) et où, après, on a fait près de 150 km en voiture (pas très écolo) dans la journée sans réussir à rejoindre une quelconque action, nous avons décidé de participer aux blocages de routes le 7, après l'annonce de l'interdiction de la manif prévue initialement.
Lever 5h. Départ initialement prévu à 5h30, départ effectif à 6h30.
Nous formons trois groupes d'une centaine de personnes. Le but : aller bloquer des routes en passant par la forêt.
Aux alentours de 7h15, les premiers policiers, en robocop (casque, pare-balle, équipement de 30 kgs...) nous tombent dessus. Ils nous foncent dessus, alors perso je flippe et me mets à courir comme les autres à travers la forêt. C'est super impressionnant!!
S'ensuit une chasse à l'homme pendant 1h à 1h30, car ils se trouvent que nous sommes encerclés par une centaine de policier en tout genre.
Au bout d'une heure de course dans une forêt où le plat est inexistant, tout le monde commence à fatiguer. Pourtant on a de quoi être motivés: les premières arrestations ne se sont pas passées le mieux possible, quelques personnes se sont pris des coups de matraque.
Au bout d'une heure et quart, Charlie et moi, on est "beaucoup nase". Donc quand on les voit arriver à 8 en plein élan et que nous, nous sommes à l'arrêt en bas d'une montée, on abandonne et on se rend.
Arrestation géniale (enfin autant que je puisse en juger, c'était ma première et j'espère bien ma dernière).
Ils nous prennent nos papiers, nous expliquent en anglais que nous sommes en état d'arrestation et nous emmènent aux fourgons. Ils poussent même la galanterie à me tenir les branches d'arbres quand je passe. ; )
Très sympas, ils ne nous mettent les menottes que quand les autres brigades arrivent avec d'autres "arrêtés". Les autres les ont eu dès leur arrestation dans la forêt. Charlie a même le droit de fumer.
Après 2h d'attente sur le bord de la route ( que les policiers ont bloqué tous seuls pendant au moins 3h, merci à eux ; ) ), après une fouille et une centaine de photos, ils nous emmènent au "centre de tri des arrêtés". Comme il n'y a plus de place dans les commissariats pour nour mettre en garde à vue, ils ont créer un centre de dispaching des personnes arrêtées.
On nous fait attendre, tranquillement, à l'ombre sans menottes. On nous donne à manger une pomme et une tranche de pain. On a le droit de fumer.
Puis on nous déplace au soleil pour nous faire entrer dans les fourgons cellulaires qui vont nous emmener en cellule. On y reste une demie heure, trois quart d'heure. Puis, deuxième fouille, et on nous remet d'autres menottes. On nous installe gentiment dans les fourgons cellulaires, un par cellule individuelle. Avec Charlie, on a de la chance, on a un fourgon avec des fenêtres. Et on part pour le commissariat de Rostock pour nous mettre en garde à vue.
Arrivés là-bas, on nous laisse dans le fourgon pendant au moins 2h, en plein soleil, sans eau, en mettant la musique à fond et en fermant la porte. Là, pas de chance, on est les seuls à qui c'est arrivé.
Après troisième fouille, et on nous fait rentrer dans des cages construites exprès pour l'occasion. On est une dizaine de filles, les mecs sont dans d'autres cages.
Petite anecdote rigolote: quand on arrive à la fouille avant les cages, les policiers qui nous encadrent lisent nos feuilles d'arrestation pour en chercher le motif. J'en entends un demander à l'autre pourquoi on est là ( on = charlie et moi ) et l'autre de lui répondre en lisant la feuille "aucune idée". Alors, j'essaie de lire et vois : "interpellée et arrêtée dans la forêt avec un groupe qui couraient".
La plupart des policiers participant aux arrestations étaient gênés de nous arrêter et dérangés par le façon dont tout ça se passait.
L'épisode de la cage fut bref pour nous. Après, ce fut l'enregistrement de notre garde à vue avec : photos, fouille (encore une et cette fois à poil), prises des pièces à conviction (bandana gris clair pour moi, foulard vert et lunettes de soleil pour Charlie; ils ne nous seront pas rendus), remplissage de papiers, appel au consulat français qui n'en a rien à faire...
Puis, pas de bols pour nous, pendant que la majorité des "arrêtés" restent à une vingtaine dans les cages, car il n'y a pas assez de places, nous, nous retrouvons dans une vraie cellule de garde à vue : carrelage blanc, fenêtre à deux mètres du sol, porte avec oeilleton, trappe pour passer la nourriture.
Comme on nous a pris nos montres, nous n'avons aucune idée de l'heure. Approximativement il doit être 14h30 15h. On nous donne à boire et à manger (toujours même régime avec une banane en plus). Et puis commence l'attente. On est à quatre dans la cellule, on fait connaisssance, on dort ou on essaie.
Perso, j'ai très chaud et mal à la tête. Pourtant mes "codétenues" ; ) ont froid : vive la clim!! : )
Charlie trouve que j'ai une sale tête et demande à ce que je vois un médecin. ils viennent me chercher même pas une minute après. Le médecin parle anglais couramment. Il est super sympa, on parle un peu politique entre autres des élections présidentielles. Il était pour Ségolène Royal. ; )
Il me met sous perfusion pour réhydratation et corticoïdes pour mon mal de tête. Il me garde une heure allongée et me laisse partir à 19h en me disant "c'est toujours une heure de moins en prison".
En rentrant dans la cellule, Charlie me dit qu'elle est allée se promener dans les bureaux de la police, entre autres pour prendre de vraies photos officielles d'arrestation. Je me prépare psychologiquement à faire la même chose.
En attendant on a faim et on aimerait manger autre chose que du pain et des fruits, alors on demande à nos geolières si c'est possible. Elles disent qu'elles vont demander et reviennent avec les mêmes trucs plus des mars qu'elles ont acheté dans un distributeur avec leurs sous.
A 21h, les policières ouvrent notre porte, prononcent mon nom et disent "you are free".
Et là en deux minutes, je me retrouve dehors. Des gens des camps alter sont là pour nous accueillir. La solidarité est forte, depuis le début des arrestations, il y a toujours quelqu'un devant les prisons.
Charlie, après une balade sympathique dans les locaux de la police, avec un flic un peu aigri, qui lui dit qu'elle peut partir et puis non et puis si et puis non et puis si, sort une heure après.
Les "arrêtés" sortent alors au compte gouttes.
Comme on ne sait où sont les garçons, ni s'ils sont encore en prison, on rentre au camp.
Ils sortent vers 1h du matin, et arrivent au camp vers 3h. Eux ont été relaché en groupe.
Après une bonne nuit de sommeil de 5h, il n'y paraissait plus rien. ; )
Donc, conclusion, il y a un an, je prenais les alters pour des gros casseurs et ne voyais pas l'interêt de la chose, et cette semaine, je suis allée à l'anti G8, me suis fait arrêtée et ai fini à l'hôpital de la prison, c'est fort, non?? ; )
Si c'était à refaire, j'essaierais d'éviter la prison!! ; )
Entre autres, que les gens ont peu de tolérance envers les personnes qui ne pensent pas comme eux. Je pensais que cette échéance passée tout changerait, mais non. Alors je fais ma crise de la trentaine avant l'âge (comme m'a dit quelqu'un récemment) : j'en ai marre de me justifier.
De plus, j'en ai marre des gens qui sont rabat-joie, qui ne laisse pas rêver les autres. Ceux qui détruisent la moindre petite étincelle chez les autres.
Et également, j'en ai marre des blogs, de leur auto-congratulation..... Je ne crache pas dans la soupe, j'y ai rencontré des gens merveilleux. Mais apparemment, c'est pas pour moi, en tous cas pour l'instant.
Alors ce blog va faire une petite pause qui l'amenera peut-être vers un arrêt total, qui sait?
Plein de bonnes choses à tous et à bientôt peut-être. : )





